Ces triangles roses si longtemps oubliés…

Il est des grands drames de l’humanité dont l’ombre, par l’intensité des souffrances qu’il a entraînées, en éclipse d’autres, par le nombre, l’horreur, ou la proximité collective ou encore individuelle. Et quand un tabou sociétal sème le trouble dans la reconnaissance publique des faits, le déni n’est pas loin. Les déportés par les nazis pour homosexualité, ces fameux “triangles roses“, ont pourtant existé. Et il y eut des Français. Ce vendredi soir, Jean-Luc Schwab, auteur d’Itinéraire d’un triangle rose, témoignage de  Rudolf Brazda, dernier survivant connu de la déportation pour motif d’homosexualité, en parlera dans une conférence à la Médiathèque de Bayonne, laquelle présente aussi jusqu’au 19 février l’exposition La Déportation pour motif d’homosexualité”.

Rudolf Brazda et Jean-Luc Schwab (DR)

Rudolf Brazda et Jean-Luc Schwab (DR)

C’est par les hasards, “heureux” précise-t-il, de la vie qu’il en est arrivé à rencontrer Rudolf Brazda et à recueillir son témoignage. Mulhousien, ville profondément associée à la mémoire de Pierre Seel, déporté au camp de Schirmeck, Jean-Luc Schwab était secrétaire de l’association LGBT (Lesbiennes, Gays, Bi et Trans) locale quand il fut question, en 2007, de représenter la communauté homosexuelle aux cérémonies de déportés.

La militance sur ce sujet-là s’est toujours comportée de façon un peu virulente, à l’époque où cela avait lieu d’être, puisqu’on disait “Ah mais des déportés homosexuels il n’y en a pas eu”, ou bien “vous n’avez rien à faire dans ces cérémonies, on ne veut pas de vous.” Alors ça donnait lieu à des confrontations.

Jean-Luc Schwab nous décrit dans cet extrait audio le long cheminement vers la reconnaissance des déportés pour homosexualité et la difficulté du parcours.

L’état de la législation qui réprime les homosexuels, en Allemagne et en France, avant et pendant l’occupation est plus complexe qu’il ne parait. Au départ, le régime nazi ne réprime pas les homosexuels en tant que tels, mais simplement la pratique de l’acte. Et selon un texte qui date de… Bismarck : le paragraphe 175 (voir aussi l’excellent documentaire éponyme gratuitement : partie 1, partie 2, partie 3, partie 4). Jean-Luc Schwab nous explique plus en détail cette législation, son évolution et son application dans les différents secteurs.

Bayonne ne fut pas épargnée, avec deux victimes. Un cas de résident bayonnais ayant probablement eu une histoire avec un ou plusieurs militaires allemands. L’autre, originaire d’un village de Garazi, était STO en Allemagne.

Une conférence pour comprendre

Ce vendredi 30 janvier, suite à l’inauguration de l’exposition (voir triptyque de présentation plus bas) par le maire de Bayonne, Jean-René Etchegaray, Jean-Luc Schwab donnera une conférence à la Médiathèque à 18h15. Sa conférence abordera l’aspect répressif en Allemagne, puis le même aspect en France, avec notamment des cas en Aquitaine, ainsi que les deux cas de Bayonnais.

Jean-Luc Schwab commentera, le lendemain samedi 31 janvier à 15 heures,  une visite guidée de l’exposition.

Triptyque de présentation de l’exposition

Plan d’accès à la Médiathèque