Interview de Dominique Broc, fondateur de la fédération des Cannabis Social Clubs Français

À la veille du salon Expogrow à Irun, nous avons voulu faire un point sur la situation du cannabis en France avec Dominique Broc, l’initiateur des Cannabis Social Clubs français.

Dominique Broc explique le concept et l’origine des Cannabis Social Clubs à la française.

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Fin 2012, Dominique Broc annonce son intention de déclarer les Cannabis Clubs en préfecture comme associations [article du Monde] afin que le débat soit mis sur la place publique. L’objectif initial était de se faire condamner pour production de cannabis en bande organisée et d’épuiser les recours afin de se retrouver devant la juridiction européenne.

L’autoproduction de cannabis étant de plus en plus, de façon illégale, le fait de personnes souffrant de pathologies que cette substance peut calmer ou soigner, le gouvernement sort en catastrophe en juin 2013 un décret qui autorise (enfin !) les demandes d’AMM pour des médicaments [article du Quotidien du Médecin] en contenant. D. Broc salue cette première ouverture, mais pointe du doigt la récupération par les firmes pharmaceutiques, qui pratiquent d’ores et déjà des tarifs sans commune mesure avec le prix de revient, ainsi que les erreurs qui ont pu être commises par certains pays, notamment en permettant aux mafias de reprendre la main sur ce marché. Il propose un tout autre modèle, participatif, qui implique les clubs tout autant que le monde médical et scientifique.

Pour autant, la démarche n’est pas départie de précautions. Dominique Broc est bien conscient que le cannabis reste une drogue, et qu’aucune drogue n’est anodine.

Et comme il en a bien conscience, la plus grande problématique restera celle des jeunes, pour lesquels le produit peut être même dangereux. Mais même si les CSC ne s’adressent qu’à des majeurs, D. Broc a quelques idées sur le sujet.

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D. Broc fait le tour des pays qui ont déjà mis en oeuvre différentes formes de dépénalisation. D’une libération de toutes les drogues comme au Portugal il y a dix ans, avec des conséquences sanitaires très positives, aux Pays-Bas et sa brève et récente tentative de fermer les coffee-shops aux étrangers.

Selon Dominique Broc, une dépénalisation permettrait de mieux utiliser l’argent actuellement consacré au trafic en le destinant à la prévention et à la réduction des risques, entre autres avantages que cela procurerait.

Ce que prônent les CSC, c’est une “régulation responsable”, qui permettrait entre autres de vider les prisons des simples consommateurs, où ils courent le risque de basculer vers la délinquance.