Alors ces lanternes volantes, écolo ou pas ?

Il y avait unanimité samedi dernier au soir, une fois les dernières lueurs dissoutes dans le ciel de Bayonne : il fallait remettre ça l’année prochaine ! Et puis des voix on commencé à s’élever : que deviennent ces lanternes une fois hors de nos vues  ? BABinfo a enquêté.

C’était un magnifique événement que ce lâcher de “mini-montgolfières” en bord de Nive, sur les deux rives et les deux ponts (Pannecau et Marengo) séparant le “Petit” du “Grand” Bayonne. Des lanternes en papier à l’intérieur desquelles brûle une flamme qui permet à la fois d’éclairer la lanterne par l’intérieur et de chauffer l’air qu’elle contient, ce qui, en l’allégeant, soulève la déjà très légère enveloppe et son attelage lumineux.

Oui, vous pouvez relire, et même cliquer , les enfants ont bel et bien reçu une superbe leçon de physique. Joli et instructif ! Un événement fédérateur, festif, que l’on peut facilement accompagner d’animations variées, même si ce samedi les Baionako Ttirrittak étaient bien seuls pour déflorer le sujet, et faire patienter la foule amassée alors qu’un retard d’avion décalait d’autant l’envol des flammes (voir dans notre vidéo ci-dessus). Il fallait toutefois avoir une certaine chance côté météo, et ce fut le cas. Alors que demande le peuple…?

“Et les oiseaux ?…”

C’est sur Facebook que les premières questions sont apparues. “Qu’est-ce que ça devient ?” “Est-ce biodégradable ?” “Ça ne va pas perturber les oiseaux ?” Trois excellentes questions que je m’empressai de relayer auprès de l’attachée de presse de la Mairie de Bayonne. Laquelle, non sans avoir trouvé au passage les questions intéressantes, finit quelques heures plus tard par avouer que personne à la mairie n’avait la réponse.

Un autre membre de la petite communauté des BABinfonautes me questionna sur le tard au sujet des risques d’incendies, mais une municipalité sérieuse ne pouvait décemment pas avoir laissé courir des risques à un quartier aussi ancien (pardon pour l’euphémisme) et prompt à s’enflammer que le Petit…

pIMG_6604Puisque la mairie était pour l’instant une impasse, j’allai voir les principaux concernés. En l’occurrence, les lanternes étaient parties vers l’ouest. L’Océan Atlantique. Les veilleurs avaient-ils remarqué quelque-chose ? Chez Surfrider Côte Basque, association qui (entre autres) lutte contre la pollution des océans, aucune retombée à signaler. C’est déjà ça pour les poissons et autres animaux marins.

Pour ce qui concerne les oiseaux, l’association Hegalaldia de sauvegarde de la faune sauvage, et notamment des oiseaux migrateurs, nombreux à traverser les Pyrénées dans notre région, nous a rassurés, notant que ces derniers avaient déjà pour l’essentiel tous migré. Deuxième bonne nouvelle donc. Cette animation aurait-elle donc toutes les vertus ?

Pour autant, l’enquête n’était pas close. Comme l’avait si bien dit Antoine, la lanterne finit bien quelque-part sous une forme ou une autre. Polluante ?

Des lanternes thaï

Rassurés pour les poissons et les oiseaux, il nous fallait quand même savoir ce que devenaient les résidus des lanternes, enveloppe, brûleur, et de quoi étaient-ils faits. C’est Wikipedia qui apporta une réponse un peu plus encyclopédique que les quelques sites d’e-Commerce : il s’agit de lanternes célestes, ou lanternes chinoises, ou encore thaïlandaises.

Un fabricant renommé est plus précis sur ce sujet :

Le papier de riz (95% de la lanterne) : matériau entièrement naturel, il se dégrade avec l’humidité ambiante. Sa biodégradation totale prend en moyenne 10 jours.

Le bambou (4% de la lanterne) : Situé à la base de la lanterne, il permet de renforcer la structure de celle-ci. Le bambou est une substance naturelle, biodégradable en milieu sec 4 à 6 mois.

Une cordelette en coton et fibre de verre ignifugée (1% de la lanterne) : utilisée pour sécuriser le brûleur, cette cordelette est en grande partie biodégradable.

pIMG_6589L’enveloppe est en papier de riz et se désagrège dès qu’elle rencontre de l’eau ou l’humidité. Parfait, pourrait-on penser. Mais malheureusement, comme nous le disions plus haut, le nouveau maire n’allait pas foutre le feu au Petit Bayonne dès sa première année de mandat ! On a donc probablement utilisé des lanternes avec du papier de riz au moins partiellement ignifugé. Et là, le fabricant ne fournit aucune précision sur le traitement appliqué. On peut juste regarder ce qui s’utilise en général pour ce genre de matériaux. C’est pas Bhopal, et une paire de centaines de lanternes ne sont pas de l’ordre de grandeur des résidus d’événements comme les Fêtes de Bayonne bien entendu, mais on n’est quand même pas tout à fait au zéro déchet non plus avec ces centaines de petits morceaux de bambou et de métal, un peu de produit chimique qu’il est conseillé de bien diluer, et un peu de colorant.

En conclusion ? Il est incontestable que pour une animation capable d’amener en plein hiver nocturne en centre-ville plusieurs milliers de personnes, la pollution générée par l’événement lui-même est très faible. Elle le serait encore plus si les milliers de personnes ne venant pas de l’hyper-centre avaient pu profiter de bus plus tardifs au lieu de devoir prendre la voiture pour être certains de rentrer chez eux…