“La paix va libérer le nationalisme basque !”

A la veille de la conférence humanitaire pour la paix au Pays Basque, qui se tiendra jeudi 11 juin à Paris, BABinfo a demandé à Jean-Pierre Massias, universitaire spécialiste de la “justice transitionnelle”, de faire un point sur l’avancée du processus de paix et le rôle que peut jouer cet événement.

BABinfo l’annonçait le mois dernier, suite à la réussite des forums pour la paix mis en place par le mouvement citoyen Bake Bidea, la Ligue des Droits de l’Homme et leurs partenaires avec l’Université de Pau et des Pays de l’Adour (UPPA), à Bayonne en 2013 et 2014, c’est désormais à Paris que la parole de paix de la société civile basque est portée. Le but est évident, comme le rappelle Jean-Pierre Massias, professeur de droit constitutionnel à l’UPPA, président de l’Institut Universitaire Varenne, et surtout spécialiste de cet aspect si particulier et surtout si sensible de nos sociétés, la “justice transitionnelle” : le processus d’Aiete est bloqué… par les États français et espagnol ! C’est donc au plus près des dirigeants, dans la capitale même, au coeur des locaux de l’Assemblée grâce à l’intérêt de plusieurs parlementaires, que les échanges sont portés.

Lesdits États sont-ils effrayés par le potentiel d’un nationalisme politique débarrassé du poids de la lutte armée ? Toujours est-il que c’est le choix des rafles qu’ils ont fait, au lieu de jouer le jeu d’un démantèlement concerté et contrôlé par la Commission Internationale de Vérification.

Quelle solution selon Jean-Pierre Massias ? Il faut continuer et renforcer le processus unilatéral d’Aiete afin de montrer de quel côté des discussions sont les chaises vides. Il faudrait aussi résoudre au plus tôt le problème des stocks d’armes, devenu trop symbolique pour ne pas envenimer la situation, et surtout sempiternel bon prétexte à n’importe quelle opération policière.

À écouter, le dossier consacré par France-Inter à la conférence.

Le programme complet de la conférence


Jean-Pierre Massias

Jean-Pierre Massias