Un dernier kilomètre un peu moins polluant à Bayonne

La ville ouvre une autoroute pour les livraisons en transports doux sur le plateau piétonnier. Mais les restrictions aux véhicules thermiques restent très limitées.

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Martine Bisauta

Dans les rêves de l’adjointe au Développement Durable et aux stratégies urbaines, Martine Bisauta, c’était probablement zéro moteur à explosion en centre ville. Dans les réalités d’une majorité municipale complexe, où une autre adjointe, Sylvie Durruty, chargée des négociations avec les commerçants, leur prépare une “nouvelle gouvernance” encore mystérieuse, ça sera une demi-heure de gazole en moins le matin. Point !

“On commence par une demi-heure. Elle est déjà contraignante. Et il n’y a plus l’accès le soir (NDLR : 19h15 – 21h15, les commerces l’utilisaient peu, les habitants continueront à pouvoir). Tout ça aura peut-être vocation à évoluer, nous n’en savons rien, nous allons évaluer le procédé”.

Un jour peut-être, les moteurs thermiques totalement interdits dans le centre ?

“Je ne peux pas dire que ça va venir, quand ça va venir” finit par lâcher Martine Bisauta après la relance de Ttotte Darguy, de France 3 Euskal-Herri. “Ça n’est pas venu à  Bordeaux, ça n’est pas venu à Paris, ça n’est pas venu à Toulouse !
Il va s’épuiser tout seul le thermique ! On commence à contraindre, et on fait un enjeu commercial. Pourquoi le transporteur voudrait-il encore entrer dans la ville s’il trouve plus satisfaisant pour lui de ne point le faire ?”

Jean-René Etchegaray, maire de Bayonne

Jean-René Etchegaray, maire de Bayonne

Le projet n’en reste pas moins intéressant, Bayonne étant “une des toutes premières villes moyennes, à l’instar de La Rochelle à s’engager dans la gestion durable du dernier kilomètre de livraison en centre-ville” signale le maire Jean-René Etchegaray. Notamment pour “améliorer la qualité de l’air et optimiser le bien-être en centre-ville”.

Il n’a pas fallu moins de onze réunions de concertation avec transporteurs, commerçants et habitants pour arriver à ce compromis. Et cette limitation des horaires de livraisons en véhicules thermiques ne prendra effet qu’à la mi-février, le temps de laisser tout le monde s’organiser, mais surtout envisager le versant “carotte” de ces décisions.

 Livraison toute la journée en triporteur

Le maire et l'adjointe prêts à livrer le dernier arrêté

Le maire et l’adjointe prêts à livrer le dernier arrêté

Du côté de l'”offre”, pas de changement notable depuis les débuts du projet. La mairie met donc désormais une plateforme logistique (l’ELU – Espace Logistique Urbain), située à deux pas du giratoire de Jorlis, à disposition des transporteurs afin de permettre le transbordement direct, “de confrère à confrère”, des marchandises à délivrer entre des camions classiques, qui n’auront plus besoin de pénétrer en centre-ville dans les encombrements, et les différents types de véhicules bénéficiant des nouvelles prérogatives, qui pourront effectuer les livraisons jusqu’aux différents commerçants, artisans et services du centre-ville piéton de façon silencieuse et non-polluante.

  • Les triporteurs à assistance électrique pourront désormais livrer toute la journée, sans aucune contrainte particulière.
  • Les “véhicules utilitaires propres” (électriques ou hybrides utilisés en mode électrique) de moins de 2 mètres de hauteur disposeront d’une autorisation élargie de 6h à 11h30 puis de 14h30 à 17h30.

Mais les moteurs thermiques ne sont pas bannis pour autant. La période matinale où leur usage en livraison est simplement réduite d’une petite demi-heure “incitative”. Ils pourront comme auparavant se lancer dans les ruelles pavées dès six heures du matin, et ainsi apporter leurs douce mélodie et aigre fumées jusqu’à dix heures !

[NDLR : Depuis combien de temps n’avez-vous pas senti la viennoiserie sans l’arôme gazole ?]

Les riverains garderont l’accès jusqu’à 10h30, ainsi que le soir. Une carte leur sera distribuée.

Un premier candidat

 he1Les utilisateurs potentiels, commerçants, artisans, sociétés de services variés, n’auront pas à attendre pour tester cette nouvelle façon de fonctionner. Un premier candidat a été retenu par la mairie suite à un appel à projets, la société Transport Location Express, “un acteur local” a souligné son dirigeant en remerciant la municipalité de ce choix de proximité, qui exploitera ce service sous le nom d’Hemengo Erlea (l’Abeille d’Ici). L’entreprise recevra un soutien de la ville sous forme d’aide dégressive au loyer, pour un montant total d’un peu moins de 100 K€ sur 4 ans. La société possède déjà trois véhicules électriques et disposera bientôt d’un véhicule hybride pour des charges plus lourdes.

La plateforme mise à la disposition des transporteurs se situe  impasse de la Faïencerie, à deux pas des principaux axes (boulevard du BAB, route d’Aritxague…) et des grandes zones d’activité qui séparent Anglet de Bayonne. Anciennement utilisé pour la logistique de primeurs, le lieu, loué par la mairie, est idéal.

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