Violences faites aux femmes : un observatoire d’avant-garde au Pays Basque

biIMG_0013Deuxième “observatoire” dans son genre en France, le Groupement d’Intérêt Public (GIP) constitué ce vendredi 4 octobre par le Conseil Général, le Centre Hospitalier Côte Basque, le parquet de Bayonne, l’État, les associations et huit municipalités d’Iparralde, n’a pas qu’un rôle passif. C’est aussi, de par sa constitution, un puissant outil pour faire reculer les violences conjugales et sexistes au Pays Basque nord.

Plus d’une centaine de cas de violences dites “conjugales” par an (120 en 2012, 108 depuis le début de 2013) constatés, et en ne prenant en compte que la “zone police” (la côte, essentiellement) ! C’est le triste constat du nouveau sous-Préfet de Bayonne Patrick Dallennes. Et encore, c’est sans compter les faits constatés par les services de gendarmerie, et bien entendu ceux qui ne le sont pas du tout.

À qui la faute ? Comment y remédier ? Quelles solutions dans l’urgence et à long terme ? Quelle politique de prévention adopter ? Difficile de répondre à ces questions (et bien d’autres) sans un outil d’analyse adapté et fortement transversal. C’était le but initial du long parcours de Martine Bisauta, adjointe au maire de Bayonne Jean Grenet. À l’arrivée, cet “Observatoire : Lutte contre les violences faites aux femmes et égalité entre les hommes et les femmes au Pays Basque” est un outil puissant qui ne manque pas d’ambition.

Huit municipalités (Bayonne, Biarritz, Boucau, Anglet, Bidart, Hasparren, Hendaye et St-Jean-de-Luz) ont déjà signé. C’est important car, comme le dit Martine Bisauta, “La mairie c’est vraiment la Collectivité de proximité, la porte qu’on franchit peut-être le plus facilement. Savoir que son maire n’est pas indifférent à ce genre de problèmes peut avoir un effet libérateur de parole, pour elles, pour des voisins, pour des témoins”.

“Un des rôles de cet observatoire sera d’amplifier la connaissance et la transparence de ce phénomène”, note Patrick Dallennes. La présence dans ce collectif de l’Hôpital, lieu où les conséquences d’une violence le plus souvent tue et celée dans le huis-clos conjugal sont le plus visibles, est donc primordiale. De la même façon, les associations ont un rôle important à jouer comme l’affirme Martine Bisauta : “La richesse de nos échanges, c’est que justement on a plusieurs prismes d’entrée et plusieurs visions du problème, c’est ce qui nous a grandement permis d’avancer”.

Dans la lettre, le rôle de cet observatoire a le principal intérêt d’être évolutif. Des permanences d’accueil sur tout le territoire aux actions de pédagogie et de sensibilisation, en passant par la mise au grand jour de ces violences à fin de débats via la presse et le grand public, l’information et l’éducation ont évidemment la part belle. Mais la richesse du partenariat engagé laisse déjà présager une bien meilleure et plus rapide prise en charge des cas rencontrés, et des actions, notamment administratives et judiciaires, bien plus rapides et efficaces afin de sauvegarder au maximum les victimes directes ou indirectes (enfants).

Reste à être vigilant sur la mise en place concrète des solutions et leurs résultats, mais la présence des collectifs associatifs et militants du Pays Basque promet un niveau d’exigence élevé. BABinfo reviendra sur ce sujet au fur et à mesure de la mise en place de cet Observatoire.

Un numéro unique pour tout le territoire

Mis en place par l’Observatoire dès janvier 2012, un numéro d’accueil destiné aux victimes est accessible 24h/24 et 7j/7. Une structure locale y réceptionne les appels et permet de rassurer et prendre en charge. Il s’agit du 05 59 46 40 86.

Colloque transfrontalier en novembre

Le GIP organise le 22 novembre prochain, dans le cadre de la Journée Internationale de Lutte contre les violences faites aux femmes, un colloque transfrontalier à Hendaye, parrainé par la ministre des Droits des femmes et porte-parole du Gouvernement Najat Vallaud-Belkacem.

Retrouvez notre reportage sur la signature du GIP et les interviews de Martine Bisauta et des députées des Pyrénées-Atlantiques Sylviane Alaux et Colette Capdevielle dans cette vidéo.
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